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.Une semaine étrange, épuisante. Elle tout d’abord, Elle surtout, qui était malade. Un mal qui s’amplifiait malgré les médicaments. Un 1er medecin. Puis un 2nd la nuit suivante. Puis …pareil jusqu’à la 5ème nuit. Aucun ne semblait accorder + d’importance que ca. Jusqu’aux urgences, aux examens. Aux calmants qui ont stoppé la douleur. Même si personne ne semble savoir d’où elle provenait. On a prononcé le mot “ulcéreux”. On attend.
.Alors évidemment, la fatigue. Le boulot. L’emploi du temps tiraillé de parts et d’autres.
.Et puis la nuit à travailler sur des projets perso. Marre de théoriser ou d’attendre l’idéal, alors je travaille concretement, on verra. Est ce que cela me déforme, ou bien est ce moi qui vais déformer le principe?
.Des instantanés de fatigue, encore plus. Puis hier matin, Elle est emmenée par des ambulanciers. La petite qui ne comprend pas, qui pleure dans mes bras.
.Retour sur les tests de personnalités. Des personnes de mon entourage qui les ont faits. J’ai lu leurs tests, et je me dis que je les comprends mieux aujourd’hui. Que derrière leur carapace, leur coté certain, il y a un petit garcon, une petite fille qui cherche à assurer. Rien de plus. J’ai relu le mien avant de leur faire lire. Ca m’a fait rire.
.Et puis il y a noel. Je repense à Paris et à cette ambiance de noel particulière que j’ai découvert là bas. Il n’y a peut etre rien de spécifique, il s’agit peut etre simplement de souvenirs heureux de ces noels là bas. Des 1eres grandes vitrines découvertes, de journées off à me balader seul, ou bien à me perdre sur les toits de paris. Je chéris pas mal de ces moments.

This is my darkest night girl, You’re swimming in my head
Ce genre de soirée là. On ne le voit pas venir, mais ca arrive, d’un coup. Par hasard (…), on tombe sur une preuve, qui nous fait replonger. Qui me fait replonger. Alors je cherche, j’approche la main du bruleur. Jusqu’à tomber sur un bout de flamme. Je lis ce qui me débecte, et je suis là, en même temps rassasié, et prêt à tout rendre. Les écrits datent, mais ils n’en sont pas moins forts pour autant. Au fond, elle a surement raison, je dois avoir un probleme.

En écoutant NTM, je me disais:

- que je les avais vu en concert en…c’était quoi l’année…96. Merde, il y a plus de 10 ans déjà. Ca me rajeunit pas. C’était avec ma soeur, ca me fait rire d’y penser maintenant. Quand ils avaient sorti “pass pass le oinj”, j’étais tout gêné de chanter ca avec ma soeur à coté.
- Je pensais aussi à Mélanie, évidemment. A ce groupe qui l’avait sauvée.
- J’étais assez curieux de revoir les 2 cote à coté, sur la même scène. Je me suis senti un peu mal à l’aise pour eux de revenir ensemble après tous ces reproches. D’un coté surtout, dans son bouquin, dans un de ses morceaux (”ton putain d’égoisme a tué l’ensemble“). Pour moi, c’est un peu comme si je revoyais mes parents ensemble.
- Je repensais à tous leurs projets montés chacun de leurs cotés. Qui ne marchent évidemment pas aussi bien que ce qu’ils font ensemble. Car les gens se foutent des personnes qu’il y a derrière, ils veulent le nom.
- J’ai repensé à ce concert du label de Kool Shen que j’avais vu à Tours. Mon 1er concert avec elle. Je voulais l’impressionner, je m’en souviens.
- J’ai beaucoup pensé au hiphop, à ce que c’est, à ce que cela pourrait être. Je me dis qu’il n’y a que cette musique qui donne ce sentiment de faire partie d’un tout, d’une communauté. Que l’on essaye d’avancer ensemble, solidaires. J’imaginais un rocker sur scène chanter “tous les rockers avec moi!!”. haha.
- J’écoutais attentivement le morceau “that’s my people”, et je le consacrais dans ma tête n°1 de ma liste des morceaux “définir le hiphop en une chanson”.

dimanche soir, 22h, le portable vibre.
“tu existes toujours?”
Pas de signature. Un numéro apparait, mais je ne le connais pas. Enfin, si. Enfin, non. Enfin, je sais pas. Cela m’étonne, je garde tous les numéros. Je ne sais pas, et pourtant, je pense tout de suite à elle. Je ne dois pas répondre.
Je ne sais pas ne pas répondre. Alors je fais simple, dans la lignée “oui”.

Re-vibration.
“comment tu vas?”.
Rien de plus.

C’était les mots les plus anodins qui soit. Et pourtant, ça m’a fait cogiter toute la nuit.

Je repense beaucoup à ‘into the wild’ en ce moment.
Je repense aussi à cette place où je m’arretais le matin à new york, avant d’aller travailler. Au coin de la 40th et la 6th av, de tête. Je m’asseyais là, et je regardais les gens passer. J’écoutais l’école du micro d’argent à l’époque. J’avais déjà un ton grave et des idées + légères. J’ai eu le même passe temps à la sortie du métro de shibuya, en attendant que Christina vienne me chercher. Regarder la faune locale, je m’en delectais.
Et puis avant tout ça, je faisais la même chose de chez moi, à toulouse. J’étais sur le balcon, au 4ème étage. On discutait, on fumait, et on regardait la vie des gens. On inventait leurs allées et venues, leurs pensées.
Tout ca n’a pas forcément de sens ou de lien. Si ce n’est le mec qui s’arrête 2mn pour réfléchir à sa vie. J’ai oublié de faire  tout ça, depuis quelques années. Et je pense que cela me manque.

Puis vint le tour d’annoncer le départ à mon équipe. J’appréhendais un peu, j’avoue.  Je m’étais fait quelques scénarii en tête, comme d’habitude. En réalité, je ne savais pas du tout comment ils pouvaient réagir. J’ai eu du mal à les rassembler, du mal à trouver le ‘bon’ moment. Alors je me suis contenté du moment.
Je leur ai dit, et là où je voulais être concis, comme d’hab, j’ai parlé, parlé. Ils ont cru à une blague. Comme d’hab quand j’annonce des choses sérieuses. Je leur ai expliqué un peu. Je ne suis pas dupe, je leur ai montré leur intérêt la dedans. Ils l’ont compris je pense. Je parlais les yeux fixés à un, puis quand mes yeux sont revenus à la personne en face de moi, je me suis rendu compte qu’elle pleurait. J’étais étonné. Je pensais que c’était de petites larmes, “ponctuelles”. Puis en en parlant avec elle derrière, je me suis rendu compte que c’était de vraies larmes, de la vraie tristesse. Qu’elle m’en voulait un peu, aussi. De les laisser. De la laisser. Que j’avais été un argument pour qu’elle vienne ici. Que sans moi, tout ça ne semblait plus tenir.
Je lui ai dit ce que je pense là dessus. Même si c’est pas fameux. On commence toujours par résister au changement. Mais la plupart du temps, on s’y fait. On fait avec, on avance, et c’est tant mieux. On en reparlera dans quelques jours.


Cela m’a fait me souvenir de la 1ere vraie amitié que j’ai nouée la bas. Un truc parfait, ou presque. Pro comme perso. Puis du jour où elle est partie. J’étais sous terre. “dans 2 mois, je suis parti, c’est c-l-a-i-r.” Je me souviens avoir pensé ça. Et au final, le temps passant, j’ai noué d’autres liens, différents, avec d’autres personnes, différentes. Il y a eu d’autres passages funs, ou pas. On (re)commence de nouvelles choses.
En somme, un mélange d’élan positif, teinté de mélancolie.