Archives pour la catégorie Famille (je vous aime)

C’est beau le net, j’en arrive à m’expliquer (comprenez : s’engueuler par écrit) avec ma mère par mail. Des sujets qui fâchent en taches de fond depuis quelques jours. Et une impossibilité de communiquer vraiment. Elle est subjective et convaincue. Je comprend tous les points de vue, mais à force n’en arrive plus à défendre le mien, pourtant élémentaire. Je relis son mail, et je fuse. J’ai du attendre une bonne dizaine d’heures avant de commencer la réponse. J’avais peur d’être désagréable. Ca doit être connu, vu que sa dernière phrase était “essaie de comprendre mon analyse sans me faire de reproches”. A moins que ce ne soit cette phrase qui m’enerve. Je n’ai pas le droit de faire de reproches? même s’ils sont justifiés? Conversation stérile, quand tu nous tiens.
Mais j’ai été un bon petit. J’ai mis en pratique mon adage “c’est la famille, il faut tendre la joue, encore et encore”. J’ai joué au mec cool, qui essaye d’expliquer ce qui ne m’a pas plu, sans reproche. Enfin, je ne pense pas. Rien de volontaire en tout cas.

J’ai l’impression de tourner ma langue 7 fois dans ma bouche avant de parler, de faire attention aux points de vue des autres, et pourtant. L’impression que cela ne sert à rien.

Mon frère vient de nous envoyer un mail ma soeur et moi, pour nous dire qu’il avait rompu avec sa copine. Cela fait quelques semaines qu’il avait cette difficile décision à prendre : partir ou continuer. Qu’il devait résoudre cette boule dans la gorge. Et il l’a fait. Ce que je trouve courageux, et triste.
Puis en fin de mail, ces quelques mots “j’ai rencontré quelqu’un”. Évidemment, “cela n’a aucun rapport”. Évidemment, je me dis que c’est faux. Cela a l’air de bien (re)commencer de ce coté ci. Alors je suis content pour lui.

Mon grand père est arrivé hier soir. Il quitte Paris pour se rapprocher de nous, sa fille, son petit fils, son arrière petite fille. Il est à la maison pendant que ma mère s’occupe de son déménagement. Pendant que tous ces souvenirs sont sortis des placards, mis dans des cartons. Ma grand mère. Ma grand mère nous a quitté dans cette maison. Ces jours-ci, je repense beaucoup à elle.
Mon grand père quitte (de nouveau) son logement, pour se rapprocher de nous. Je le sens un peu triste de partir, même s’il est content de nous retrouver. Il voit la petite, joue avec elle, et il a l’air bien. Une nouvelle tranche de vie. A 86 ans.

Un week end chez mon frère. Il vient de mettre sa relation sur ‘pause’. Je sens qu’il ne va pas bien, j’ai envie de lui en parler, tout en craignant un peu mon manque d’avis sur la question. Sa vie m’intéresse fortement, mais ces derniers temps, toute conversation autour des relations amoureuse provoque un trou noir dans ma tête. Impossible de formuler un avis. Alors je ne parle même pas de conseils.
Bref, on en parle néanmoins. Il me dit des choses qui pour moi sont claires : sa décision semble prise intérieurement. Même si tant de choses les retiennent ensemble. Il doit la rappeler cette semaine.
Je me dis que les choses semblent claires quand il s’agit d’autres personnes que soi.
J’en viens à parler de mon père, je ne sais pas trop pourquoi. Peut être parce que je veux l’entendre me le dire. Il me confirme que mon père est dur avec sa copine. Un caractère de merde. Je repense à la phrase de sa copine “tu es dur, comme ton père”. Je bloque sur cette phrase. Je me force à croire que non. Et puis mon comportement le soir me fait comprendre que si. Je pense que je m’auto-exaspère.

Une soirée seul, et diverses pensées.

Je pense à ma fille. Je n’ai pas de temps quand elle est là, mais le vide se fait bien sentir quand elle est loin. Je me dis qu’elle va s’endormir sans que je sois à ses cotés ce soir. Logiquement mais bizarrement, cela me rend un peu triste. Je me rends compte que ce dernier geste que je fais tous les soirs, passer une tête dans sa chambre sans rien dire, fait surement partie des moments que je préfère. Je la regarde, et à chaque fois, cela me fait sourire au final. C’est mé-ca-ni-que.

Ma sœur m’a appelé pour me dire qu’elle retentait l’aventure avec son mari. Ça m’a fait plaisir, même si je n’ai pas su bien lui dire. Même si tout n’est pas gagné, c’est chouette. Et vive l’amour, tiens.

Je réfléchis à toute ces histoires de création qui me trottent dans la tête. Je vous le fais en version courte : je me rends compte dernièrement, que j’ai toujours pensé que j’avais un but ici. Que j’étais là pour FAIRE quelque chose. Quoi que ce soit, perso ou pro. Que j’allais un jour trouver mon violon d’ingres, cette activité dans laquelle j’excellerai. Dans laquelle je réaliserai quelque chose, je me réaliserai. L’étincelle. Je dis pas changer la face du monde, simplement faire quelque chose. Créer. C’était évident pour moi. Tellement évident que j’envisageais pas autre chose.
Puis le temps passe, et plus il passe, plus je vois cette possibilité s’attenuer. Pas par défaitisme, simplement parce que je vois comment fonctionne les choses, et je me rends compte que le monde est plein de gens qui vivent normalement, sans ça. Pire : que le monde est plein de gens qui avaient cette même idée qu’ils allaient faire quelque chose, et puis en fait non.
J’arrive pas à me faire à cette idée. Alors je garde dans un coin de ma tête cette possibilité.

J’avais toujours -un peu caché dans un coin de ma tête- la phrase de la copine de mon père “toi, tu es dur comme ton père”.
Ajoutez à cela ma copine me disant “tout ce que je te demande, c’est d’être gentil” suite à une engueulade.
Ajoutez à cela ma mère me disant “tu es méchant” face à une vanne.
Alors tout ça m’énerve, et je me demande vraiment si je le suis. Si je suis un con.

Je sais que je fustige facilement, spontanément, sans préméditation, quand j’ai l’impression que les gens dépassent les bornes. Même s’ils sont gentils 90% du temps. Je fais tout pour être gentil, je pense l’être, sauf pendant ces moments. Alors au final, qu’est ce que cela fait de moi? Un mec qui ne se laisse pas faire? Un con? Une personne injuste?
Idem hier soir, par 2 fois, je me sentais excédé. Je bouillonnais et ça m’a occupé l’esprit cette nuit