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Que restera il de cette période de fêtes?
Un séjour en famille, ici et là. Quelques jours à vivre ensemble, à causer, à se ballader. A regarder les petits se découvrir et jouer ensemble. Les parents (dont moi) tout sourire à moitié fiers, à moitié impressionnés par cette progéniture qui se comprend sans parole.
La famille qui énerve autant qu’on l’aime. On se quitte à la fin, on se rend compte que l’on ne s’est pas dit que l’on s’aime, alors on garde une main sur l’épaule + longtemps, on étreint un peu plus. Pour dire que.
Puis quelques cadeaux, de bonnes chère, quelques pensées pour elle, et un retour.  Et aussi, une phrase en boucle dans ma tête hier: “jamais auparavant je n’aurai appréhendé tout ce que le terme de ‘père’ englobe. Dont tous ces sourires.” Je voulais parler de cela, mais je vais finir gâteux à force, alors une autre fois.

Un week end au calme, un moment à révasser. Je regarde tout ça (la vie, l’amour, le temps), et je me dis qu’il s’agit quand même d’une putain d’équation. Une ligne immense avec beaucoup de variables, beaucoup d’interactions. Evidemment, on se sent mieux chez soi quand on a la tête libre. Evidemment, on se sent mieux à faire des patés de sable avec sa fille plutot que de bosser. Un travail d’équilibriste pour que tout tienne. Et je me disais cette après midi que tout semblait tenir là. Hop, instantané dans la poche.

photo by Aaliyeh

Une soirée seul, et diverses pensées.

Je pense à ma fille. Je n’ai pas de temps quand elle est là, mais le vide se fait bien sentir quand elle est loin. Je me dis qu’elle va s’endormir sans que je sois à ses cotés ce soir. Logiquement mais bizarrement, cela me rend un peu triste. Je me rends compte que ce dernier geste que je fais tous les soirs, passer une tête dans sa chambre sans rien dire, fait surement partie des moments que je préfère. Je la regarde, et à chaque fois, cela me fait sourire au final. C’est mé-ca-ni-que.

Ma sœur m’a appelé pour me dire qu’elle retentait l’aventure avec son mari. Ça m’a fait plaisir, même si je n’ai pas su bien lui dire. Même si tout n’est pas gagné, c’est chouette. Et vive l’amour, tiens.

Je réfléchis à toute ces histoires de création qui me trottent dans la tête. Je vous le fais en version courte : je me rends compte dernièrement, que j’ai toujours pensé que j’avais un but ici. Que j’étais là pour FAIRE quelque chose. Quoi que ce soit, perso ou pro. Que j’allais un jour trouver mon violon d’ingres, cette activité dans laquelle j’excellerai. Dans laquelle je réaliserai quelque chose, je me réaliserai. L’étincelle. Je dis pas changer la face du monde, simplement faire quelque chose. Créer. C’était évident pour moi. Tellement évident que j’envisageais pas autre chose.
Puis le temps passe, et plus il passe, plus je vois cette possibilité s’attenuer. Pas par défaitisme, simplement parce que je vois comment fonctionne les choses, et je me rends compte que le monde est plein de gens qui vivent normalement, sans ça. Pire : que le monde est plein de gens qui avaient cette même idée qu’ils allaient faire quelque chose, et puis en fait non.
J’arrive pas à me faire à cette idée. Alors je garde dans un coin de ma tête cette possibilité.

Au sein des jours chargés, une escapade parisienne. Chargée elle aussi, évidemment. Un clin d’oeil au lieu passé, mais surtout un clin d’oeil aux amis qui y sont. Une soirée drôle, agréable, simple. Malgré ce corps qui me fait défaut. Ca me fait plaisir de les voir. Un sourire.
Puis fin de la soirée. Et puis non. J’avais réfléchi à cette scène depuis quelques jours, mais je ne la croyais pas en vrai. Et pourtant. Et pourtant, tout cela semble si naturel. Un sourire, l’oeil qui pétille.
Peut être parce qu’il avait été prévenu de cette possibilité, mon corps se rebelle. La fièvre du moment laisse place à une réelle pyrexie. Mélangez à la fatigue. Remuez, puis laisser reposer. Des choses si simples. Si naturelles.
Avec le recul, j’en garde une sensation étrange, l’impression d’avoir rêvé. Un rêve agréable et ouaté.
La preuve que. Pleins de choses.

…la tête dans les nuages. Le départ approche grandement, il est fixé pour la fin de semaine.
Les marques d’affection se multiplient, et ca me touche. De toutes les manières, dans tous les sens. Quelques larmes aussi, qui me rendent mal à l’aise au final. Une mélancolie sèche. Q-tip me dit “Joni Mitchell nevers lies : you don’t know what u got till it’s gone”, et je me dis que j’adore Joni Mitchell, que l’on s’est toujours compris elle et moi.

Je vais donc partir un peu. Plus de net à court terme, un nouveau boulot juste derrière, donc quelques incertitudes quant à ma présence dans le coin. Mais je sais que je reviendrai. Je ne sais pas faire autrement.

Ca pense pas mal en ce moment, plutôt à l’intérieur, peu de choses sortent (qui a dit ‘comme d’hab’?). Le déménagement arrive, alors on prévoit les choses. En ce milieu de préavis, le stress récurrent du boulot glisse tranquillement vers une relax-itude. Comme si je m’en foutais je savais tout et que je maitrisais les choses. C’est fou de se rendre compte combien sans stress, on voit vraiment les choses autrement.
Je profite également de mon préavis d’homme de ce côté-ci. Plus ou moins bien selon les jours. De manière plus ou moins légère selon l’humeur. Mais cela s’ancre en moi.
Et puis il y a les autres. Pas tous, les ‘miens’ seulement. Ceux qui resteront là. Ceux a qui je ne peux pas dire “vous me manquez”, car ce n’est pas encore arrivé. Mais je sais que ce sera le cas. Alors je ne leur dis rien. Je prévois quelques soirées, comme je l’aurai fait avant, sauf que là, elles ont un sens particulier, une couleur précise.