Archives pour octobre 2008

J’ai retenu,
me suis mis nu,
face à la vie.
Bientôt plus rien ne me raccrochera à mes envies.

Non mais que l’on soit bien clair : la météo, je m’en fous, le trafic routier, les itinéraires routiers, et tout ce qui pourrait se terminer par routier, je m’en contrefous. Il faut faire la différence entre banalité et conversation. Et non, c’est décidé, je n’accepte plus de phrase commençant par “les gens”, c’est trop facile, et je n’accepte plus non plus que l’on prenne un cas isolé pour en faire une généralité, et enfin j’exècre le coupage de parole récurrent.
Dans ce cas, je n’ai que 2 solutions de repli : le non sens total ou le mutisme.
(et non, je ne suis pas un psychopathe)

En écoutant NTM, je me disais:

- que je les avais vu en concert en…c’était quoi l’année…96. Merde, il y a plus de 10 ans déjà. Ca me rajeunit pas. C’était avec ma soeur, ca me fait rire d’y penser maintenant. Quand ils avaient sorti “pass pass le oinj”, j’étais tout gêné de chanter ca avec ma soeur à coté.
- Je pensais aussi à Mélanie, évidemment. A ce groupe qui l’avait sauvée.
- J’étais assez curieux de revoir les 2 cote à coté, sur la même scène. Je me suis senti un peu mal à l’aise pour eux de revenir ensemble après tous ces reproches. D’un coté surtout, dans son bouquin, dans un de ses morceaux (”ton putain d’égoisme a tué l’ensemble“). Pour moi, c’est un peu comme si je revoyais mes parents ensemble.
- Je repensais à tous leurs projets montés chacun de leurs cotés. Qui ne marchent évidemment pas aussi bien que ce qu’ils font ensemble. Car les gens se foutent des personnes qu’il y a derrière, ils veulent le nom.
- J’ai repensé à ce concert du label de Kool Shen que j’avais vu à Tours. Mon 1er concert avec elle. Je voulais l’impressionner, je m’en souviens.
- J’ai beaucoup pensé au hiphop, à ce que c’est, à ce que cela pourrait être. Je me dis qu’il n’y a que cette musique qui donne ce sentiment de faire partie d’un tout, d’une communauté. Que l’on essaye d’avancer ensemble, solidaires. J’imaginais un rocker sur scène chanter “tous les rockers avec moi!!”. haha.
- J’écoutais attentivement le morceau “that’s my people”, et je le consacrais dans ma tête n°1 de ma liste des morceaux “définir le hiphop en une chanson”.

En y réfléchissant, cela s’est fait progressivement. Il y a eu l’école d’abord, les différentes écoles, et à chaque strate, on nous demandait de nous tenir droit, de ne pas faire trop de bruit, d’être un peu sérieux, de travailler. A la maison, il n’y avait pas ce coté strict. Il fallait réussir, mais je ne me souviens pas que l’on m’ait imposé une forme particulière.
Puis il y a eu les études, et leur coté sérieux. A l’entrée de la vie professionnelle, il FAUT faire sérieux. Alors on s’habille en costume, et on apprend à dire des phrases sérieuses, et à avoir l’air concentré/compétent/concerné. Même si au fond, on s’en fout. Mais on joue le jeu, c’est important. On joue le jeu.
Je me souviens au début du boulot, je bossais dur, mais je faisais aussi mes petits pas de danse dans l’ascenseur quand il n’y avait personne. Je m’imaginais engueuler ceux que je ne pouvais pas saquer, ou je me fantasmais renverser tout mon bureau d’un coup, comme ça, pour rien. Parce qu’on s’en fout, on sait que ce n’est pas ça la vraie vie.
Petit à petit, ce jeu devient notre quotidien, notre quotidien, notre quotidien. On se dit moins que c’est marrant au fond, l’autre gus qui parle mi anglais mi francais. On se dit moins que c’est un jeu. Car on vit réellement ces choses.
Et puis un jour, on a besoin de crier, et on se rend compte que l’on ne sait plus faire. On constate ce corset que l’on avait jamais vraiment remarqué, et pourtant qui est là depuis si longtemps.

Alors quand je vois ma fille crier à fond les ballons et faire le bordel à la réunion des parents à la crèche, cela me fait sourire, évidemment.

Je ne dors plus, tu sais, je veille,
sur son sommeil. Et tout ce qui la blesse me tue.

Ces coïncidences bizarres.
Guillaume Depardieu est décédé hier.
J’ai reçu ce candidat aujourd’hui, qui lui ressemble étrangement. Je n’ai pas pu m’empêcher d’y penser. J’ai baissé mes yeux sur son CV, et son prénom était là, “Guillaume”.